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Universal Robots Gen 7 veut faciliter l’arrivée de l’IA dans les usines

Universal Robots lance Gen 7, trois cobots conçus pour intégrer plus facilement vision, capteurs et IA dans les usines. Voici leurs limites et leur prix.

Universal Robots Gen 7

Un robot collaboratif peut charger une machine-outil, inspecter des pièces ou effectuer un assemblage répétitif près d’employés. Le défi n’est toutefois pas seulement de faire bouger son bras : il faut aussi intégrer les caméras, les capteurs, les réseaux et les dispositifs de sécurité.

Universal Robots a dévoilé Gen 7 le 14 septembre 2026 au salon IMTS de Chicago. La plateforme comprend trois nouveaux bras g-Series, un contrôleur reconçu et une bride d’outil équipée pour brancher directement davantage de capteurs.

Le fabricant la décrit comme « prête pour l’IA ». Cela ne signifie pas que les robots possèdent une intelligence générale ou apprennent seuls dans une usine.

Trois bras pour trois compromis

Le UR10g-1750 atteint 1 750 mm avec une charge nominale de 8 kg, portée à 10 kg dans certaines conditions. Le UR17g-1300 atteint 1 300 mm avec 15 kg en régime nominal ou 17,5 kg en charge étendue. Le UR18g-950 transporte 18 kg sur 950 mm.

Le nom des deux premiers reflète donc leur charge étendue, pas leur charge nominale. Les fiches officielles de la g-Series annoncent une vitesse maximale de 5 m/s pour les UR10g et UR17g, contre 4 m/s pour le UR18g.

Ces maximums ne s’appliquent pas automatiquement lorsqu’une personne partage l’espace de travail. La vitesse, la force et la séparation nécessaires dépendent de l’application et de son évaluation des risques.

Une connexion plus directe aux yeux et aux outils

La principale nouveauté se trouve au bout du bras. La bride g-Series fournit une connexion Ethernet à 1 Gbit/s, une alimentation de 24 ou 48 V et des entrées de sécurité. Une caméra, un capteur ou certains outils peuvent ainsi recevoir données et énergie sans autant de câbles externes.

Un capteur de force et de couple est aussi intégré. Avec le contrôle d’impédance, il peut aider le robot à ajuster son mouvement lorsqu’il insère une pièce ou travaille contre une surface.

Une caméra pourrait localiser une pièce légèrement déplacée, tandis qu’un modèle de vision choisirait sa position de prise. Un capteur de force pourrait ensuite confirmer que l’assemblage est correctement inséré.

Le mot « pourrait » compte : les performances dépendront de la caméra, du modèle, des données, de l’outil et de la programmation. Gen 7 fournit l’infrastructure, mais pas une solution autonome universelle.

Un contrôleur pour l’usine connectée

Le contrôleur CB7 doit communiquer avec des automates programmables, des systèmes de vision, des ordinateurs industriels et des logiciels de gestion de production.

Universal Robots affirme qu’il offre 40 % plus de puissance de calcul dans un boîtier 30 % plus petit que la génération précédente. Automation World rapporte ces comparaisons, mais aucun test indépendant n’a encore été publié.

Le système PolyScope X prend en charge des interfaces de programmation ouvertes et ROS 2. Certains traitements d’IA peuvent fonctionner sur le contrôleur; d’autres nécessiteront encore un ordinateur industriel externe.

Le CB7 est aussi annoncé comme compatible avec les bras e-Series et UR Series. La liste précise des fonctions accessibles à ces anciens modèles devra être vérifiée avant une mise à niveau.

Sécurité : collaboratif ne veut pas dire sans danger

Les bras g-Series sont certifiés par TÜV selon ISO 10218-1 et UL 1740. L’architecture de sécurité atteint également le niveau PL d, catégorie 3, selon ISO 13849-1.

Ces certifications concernent le robot et sa commande, pas automatiquement la cellule complète.

Une pince peut écraser un doigt, une pièce coupante peut blesser et une charge projetée peut devenir dangereuse. Un intégrateur doit analyser l’outil, les matériaux, les vitesses, les points de coincement et les interactions humaines. Certaines tâches exigeront encore une clôture, un scanner ou une séparation physique.

Prix et disponibilité au Canada

Universal Robots affiche les trois modèles comme nouveaux et permet de demander une démonstration ou un prix. L’entreprise n’a toutefois publié ni tarifs, ni dates d’expédition précises, ni fourchette en dollars canadiens.

Des distributeurs canadiens vendent déjà les autres robots de la marque, dont Electromate. Cela ne confirme pas que les g-Series sont actuellement en stock ou livrables au pays.

Le coût final variera selon le bras, le contrôleur, la pince, la vision, les logiciels, la sécurité, l’intégration, la formation, le soutien, le distributeur et la région.

Limites ou points à considérer

Aucun essai indépendant ne mesure encore la fiabilité à long terme, le temps réellement économisé pendant l’intégration ou la qualité des applications d’IA présentées au lancement.

La protection IP65 résiste à la poussière et aux jets d’eau, mais ne rend pas le robot adapté à tous les produits chimiques, environnements stériles ou procédés alimentaires.

Enfin, un branchement plus simple ne règle pas les problèmes d’éclairage, de données insuffisantes, de pièces déformées ou d’exceptions imprévues.

Conclusion

Gen 7 ne transforme pas un cobot en collègue autonome. Son intérêt est plus concret : amener l’alimentation, les données et les signaux de sécurité jusqu’à l’outil, puis offrir davantage de calcul et de programmation.

Cette base pourrait faciliter l’inspection visuelle, la manipulation de pièces et les assemblages sensibles à la force, particulièrement dans les petites séries.

Il faudra maintenant vérifier, dans de vraies usines, si cette intégration réduit effectivement le temps, les câbles et les coûts sans compliquer la sécurité ou la maintenance.