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Digit 5 veut travailler près des humains sans clôture industrielle

Digit 5 veut travailler près des humains dans les usines. Voici ses capacités, son lien avec Toyota Canada, son prix théorique et ses limites actuelles.

Digit 5 veut travailler près des humains sans clôture industrielle

Les robots industriels traditionnels sont souvent enfermés derrière des barrières. Une machine de 129 kg capable de soulever une charge importante peut blesser gravement une personne si elle ne détecte pas sa présence.

Agility Robotics a dévoilé Digit 5 le 15 septembre 2026. Ce nouvel humanoïde destiné aux usines et aux entrepôts doit reconnaître les travailleurs qui l’approchent, ralentir, s’arrêter ou s’asseoir pour couper la puissance de ses moteurs.

Cette promesse de fonctionnement à proximité des humains est importante. Elle reste toutefois à valider sur la version commerciale, dont l’accès anticipé n’est prévu qu’en 2027.

Un manutentionnaire, pas un robot domestique

Digit 5 mesure 1,81 m, pèse 129 kg et peut atteindre une tablette située à 2,2 m. Sa nouvelle architecture de jambes lui permet de s’accroupir et de soulever à répétition des charges atteignant 22,7 kg, soit 40 % de plus que son prédécesseur, selon Agility.

Ses mains sont en réalité des outils interchangeables. Une pince peut transporter des bacs, tandis que d’autres effecteurs pourront être conçus pour alimenter une machine, préparer des ensembles de pièces ou manipuler des palettes.

Il ne s’agit pas d’un robot domestique : ses tâches, ses outils, ses trajets et les situations exceptionnelles doivent être préparés et intégrés aux systèmes de l’usine.

La présentation officielle de Digit 5 mentionne une batterie offrant 90 minutes de travail et une recharge autonome en neuf minutes. Le fabricant en déduit plus de 20 heures d’activité par période de 24 heures. Aucun test indépendant n’a encore confirmé ce rendement en production.

Voir les humains et signaler ses mouvements

Digit 5 combine des caméras, des capteurs de profondeur et des algorithmes pour surveiller son environnement. Lorsqu’une personne entre dans une zone jugée dangereuse, le robot peut l’éviter, ralentir ou s’arrêter.

Un contrôleur de sécurité distinct supervise ces réactions. Des signaux lumineux et sonores doivent aussi indiquer aux travailleurs ce que le robot s’apprête à faire.

Il ne faut néanmoins pas présenter Digit 5 comme certifié pour travailler partout sans clôture. Les documents ANSI/A3 et la norme internationale ISO visant les humanoïdes dynamiquement stables sont encore en préparation. Chaque installation devra évaluer les charges, les outils, les vitesses, les planchers et les personnes présentes.

Agility affirme que la génération précédente a accumulé plus de 65 000 heures de fonctionnement chez Amazon, GXO, Schaeffler et Toyota. Elle aurait aussi déplacé 100 000 bacs dans un établissement de GXO avec environ 98 % de précision. Ces données proviennent du fabricant et concernent surtout Digit 4, pas encore Digit 5.

Un lien direct avec une usine canadienne

Toyota Motor Manufacturing Canada a signé le 19 février une entente commerciale de robots comme service après un projet pilote à son usine de Woodstock, en Ontario.

L’objectif consiste à confier à Digit certaines tâches répétitives et physiquement exigeantes de logistique et de production, selon l’annonce conjointe d’Agility et de Toyota Canada.

Cette entente démontre que la technologie précédente a dépassé la simple démonstration. Elle ne confirme cependant pas que Digit 5 est déjà installé à Woodstock ni que l’usine canadienne recevra les premiers exemplaires.

Prix et disponibilité au Canada

Agility prévoit offrir un accès anticipé à Digit 5 en Amérique du Nord pendant la première moitié de 2027. La disponibilité générale pour les fabricants, entrepôts et centres de distribution est visée avant la fin de 2027.

Le fabricant n’a publié aucun prix officiel ni forfait canadien.

Un document financier cité par Business Insider utilise un scénario illustratif de 200 000 $ US pour le robot, 20 000 $ US pour le déploiement et 36 000 $ US par année pour les logiciels et l’entretien. Le total théorique atteindrait environ 400 000 $ US sur cinq ans.

Il ne s’agit pas d’une offre commerciale ni d’une conversion en dollars canadiens. Le prix réel sera négocié et pourra varier selon le nombre de robots, les outils, l’intégration, le logiciel, le soutien, l’entretien, le contrat et la région.

Limites ou points à considérer

Les capacités présentées au lancement reposent principalement sur les données d’Agility. Aucun organisme indépendant n’a encore publié d’essai complet du modèle de série.

Les tâches actuelles des humanoïdes Digit demeurent relativement structurées, notamment le déplacement de bacs. Reconnaître un objet déformé, récupérer une pièce tombée ou réagir à une situation imprévue reste beaucoup plus difficile.

Les commandes annoncées de plus de 300 millions de dollars américains dépendent aussi de certaines étapes contractuelles. Elles ne représentent pas nécessairement des robots déjà livrés ni des revenus encaissés.

Enfin, la forme humaine n’est pas toujours la solution la plus rapide ou la moins coûteuse. Un convoyeur, un robot mobile ou un bras fixe peut demeurer préférable lorsque le procédé est stable.

Conclusion

Digit 5 cherche à résoudre un obstacle essentiel à l’adoption des humanoïdes : leur permettre d’utiliser des espaces conçus pour les humains sans isoler systématiquement chaque machine.

Sa force accrue, ses outils interchangeables et sa recharge rapide élargissent les tâches possibles. Sa pertinence canadienne est réelle grâce au partenariat avec Toyota en Ontario.

La véritable avancée ne sera cependant démontrée que lorsque la version commerciale aura été évaluée indépendamment, puis autorisée à travailler près d’employés dans des conditions de production quotidiennes.