Gadgets

Microduck : un petit robot que l’on peut entraîner soi-même

Microduck est un robot bipède à code source ouvert que l’on entraîne en simulation. Voici ses capacités, son prix, son autonomie et ses limites réelles.

Microduck : un petit robot que l’on peut entraîner soi-même

Il mesure seulement 25 cm, possède un œil-caméra, un bec articulé et deux pattes contrôlées par une quinzaine de moteurs.

Microduck ressemble davantage à un personnage animé qu’à un robot industriel. Derrière cette apparence volontairement sympathique se cache toutefois une véritable plateforme d’apprentissage robotique à code source ouvert.

Présenté le 27 août 2026 par Pollen Robotics et Hugging Face, ce robot peut marcher, saisir de petits objets, se relever après une chute et apprendre de nouveaux comportements développés dans un simulateur.

Il n’est pas un assistant domestique et ses capacités annoncées n’ont pas encore été vérifiées indépendamment.

Un robot bipède relativement accessible

Microduck mesure 25 cm et pèse moins de 900 g. Son corps comporte 15 moteurs qui articulent notamment ses jambes, son cou et son bec.

Une caméra installée dans son unique œil lui permet d’observer son environnement. Il possède également un petit capteur LiDAR pour mesurer les distances et deux centrales inertielles qui détectent ses mouvements et son orientation.

Pollen Robotics affirme que le robot peut saisir avec son bec un objet pesant jusqu’à 800 g. Les démonstrations officielles le montrent ramassant une chaussette ou un marqueur, poussant un ballon et se relevant après avoir été renversé.

Ces démonstrations ont été produites par le fabricant. Elles ne permettent pas encore de juger sa fiabilité sur différentes surfaces ni le taux de réussite de chaque mouvement.

La présentation officielle de Microduck indique que sept comportements entraînés sont fournis. Le robot peut notamment marcher, s’asseoir, se relever, donner un coup de pied, saisir un objet et se déplacer sur de petites roulettes optionnelles.

Apprendre dans un monde virtuel avant de bouger

La principale particularité de Microduck est son environnement d’apprentissage par renforcement.

Dans cette méthode, un agent virtuel essaie continuellement différentes actions. Les mouvements qui le rapprochent de son objectif reçoivent une récompense, tandis que les chutes et les erreurs sont pénalisées.

L’entraînement s’effectue d’abord dans MuJoCo, un simulateur physique capable de reproduire approximativement la gravité, les articulations, les collisions et le frottement. Une fois le comportement suffisamment stable, la politique obtenue peut être transférée au véritable robot.

Cette approche permet d’effectuer des milliers d’essais sans user les moteurs ni faire tomber constamment l’appareil.

Le passage de la simulation au monde réel n’est cependant jamais parfait. Une surface glissante, une batterie plus faible, un moteur légèrement différent ou un objet mal positionné peuvent produire un résultat absent de la simulation.

Pollen Robotics prévoit donc un cycle où le développeur entraîne le comportement, le déploie, observe les erreurs, ajuste la simulation et recommence.

Un logiciel ouvert, mais du matériel limité

Le fabricant publie le SDK, le simulateur et les politiques d’apprentissage sous licence Apache 2.0. Les utilisateurs peuvent étudier le code, le modifier et partager leurs propres comportements.

Cette ouverture est importante pour les étudiants, les laboratoires et les passionnés qui veulent comprendre le fonctionnement d’un robot plutôt que d’utiliser uniquement une application fermée.

Le matériel embarqué demeure néanmoins modeste. The Verge rapporte que Microduck utilise un processeur Rockchip RK3566. Selon Engadget, il possède 1 Go de mémoire vive et 32 Go de stockage.

Le robot exécute sa politique de mouvement à une fréquence annoncée de 50 Hz, soit une décision toutes les 20 millisecondes. Les entraînements exigeants doivent toutefois être réalisés sur un autre ordinateur ou au moyen du service Hugging Face Jobs.

Les connexions Wi-Fi et Bluetooth permettent de transférer les programmes et d’utiliser la manette incluse. Un microphone et un haut-parleur servent à produire de petits sons, mais Microduck n’est pas présenté comme un assistant vocal conversationnel.

Prix et disponibilité au Canada

Microduck est offert en une seule configuration principale à 399 $ US, avant les taxes et les frais de livraison. La boîte comprend le robot, une batterie, un câble USB-C et une manette.

Les accessoires officiels coûtent de 39 à 119 $ US :

  • ensemble de recharge avec deux batteries : 39 $ US;
  • ensemble d’accessoires avec roulettes, ballon et marqueurs NFC : 39 $ US;
  • ensemble de développement avec moteurs, câbles, batteries et outils : 119 $ US.

Ces prix sont en dollars américains. Aucune tarification canadienne fiable n’est publiée et aucune conversion approximative n’est proposée ici.

Le prix final peut varier selon les accessoires, les taxes, la livraison, les droits d’importation, la promotion et la région.

Pollen Robotics prévoit commencer les expéditions avant Noël 2026. Engadget précise que les premières livraisons visent les États-Unis. Aucune date ni garantie de livraison propre au Canada n’a été confirmée.

Limites ou points à considérer

Le fabricant annonce environ une heure d’autonomie avec la batterie de 2 600 mAh. Cette estimation n’a pas encore été vérifiée dans des conditions réelles et pourrait varier selon les mouvements, les capteurs et l’état de la batterie.

Microduck ne possède pas de bras et ne peut accomplir que de petites manipulations avec son bec. Sa taille le rend intéressant sur un bureau ou dans une classe, mais peu utile pour les tâches ménagères.

Les moteurs, articulations et pièces imprimées peuvent également s’user ou se briser pendant les expériences. La présence d’une caméra et d’un microphone exige enfin de vérifier comment les images et les sons sont traités, enregistrés et transmis.

Le logiciel est ouvert, mais il faudra confirmer quelles pièces mécaniques et quels schémas électroniques seront publiés. « À code source ouvert » ne signifie pas nécessairement que tout le matériel peut être reproduit librement.

Conclusion

Microduck ne promet pas de ranger la maison ni de devenir un compagnon intelligent universel.

Son objectif est plus réaliste : rendre l’apprentissage robotique suffisamment accessible pour qu’un étudiant ou un passionné puisse entraîner un comportement en simulation, le transférer à une vraie machine et observer ce qui fonctionne.

À 399 $ US, le prix reste élevé pour un jouet, mais relativement bas pour un robot bipède programmable doté de 15 moteurs, d’une caméra et d’un LiDAR.

Sa véritable valeur dépendra maintenant de la qualité de son logiciel, de sa résistance mécanique, de l’autonomie réelle et de la capacité du fabricant à livrer les premières unités comme prévu.