Googlebook arrive au Canada : Android tente enfin de devenir un vrai portable
Les Googlebook arrivent au Canada avec Android, Gemini et cinq modèles premium. Voici leurs prix, leurs fonctions d’IA et leurs principales limites.

Google lance aujourd’hui au Canada une nouvelle famille d’ordinateurs portables qui ne sont ni des Chromebook traditionnels ni des PC Windows. Les Googlebook combinent la base technologique d’Android, certains fondements de bureau de ChromeOS, un environnement Linux isolé et une intégration profonde de Gemini.
La catégorie avait été dévoilée en mai, puis détaillée le 21 septembre. Sa commercialisation canadienne est officiellement prévue pour le 5 octobre 2026. Acer, ASUS, Dell, HP et Lenovo proposent les cinq premiers modèles.
Un portable conçu autour du téléphone Android
Le principe central est la continuité entre le téléphone et l’ordinateur. Après l’association d’un appareil Android, Googlebook peut retrouver certains réglages, mots de passe et réseaux Wi-Fi, consulter les fichiers du téléphone, afficher ses messages et transmettre une tâche compatible d’un écran à l’autre.
La fonction Continue On permet, par exemple, de commencer une activité dans une application mobile et de la reprendre sur le portable. Certaines applications du téléphone peuvent aussi être projetées sur l’ordinateur sans devoir être réinstallées.
Cette intégration constitue la différence la plus concrète avec Windows et macOS. Elle reste toutefois dépendante d’un téléphone Android et de la prise en charge offerte par chaque application. Pour un propriétaire d’iPhone, l’avantage est beaucoup moins évident.
Gemini s’installe directement dans le curseur
Googlebook OS intègre plusieurs fonctions d’intelligence artificielle. Magic Pointer fait apparaître Gemini lorsqu’on agite rapidement le curseur, puis permet de poser une question sur du texte, une image ou plusieurs éléments affichés à l’écran.
Rambler transforme une dictée décousue en texte structuré, retire les hésitations et peut organiser les actions à accomplir. Create My Widget produit un widget à partir d’une description, tandis que Google Antigravity et un terminal Linux isolé permettent aux développeurs de créer ou d’exécuter des outils de programmation.
Il faut cependant tempérer le mot « agent ». Lors d’une prise en main, DDay.it a constaté que Gemini pouvait rechercher et expliquer du contenu, mais pas librement déplacer des fichiers, créer des dossiers ou contrôler toutes les applications. Plusieurs fonctions dépendent aussi d’un compte Google, d’une connexion Internet et des paramètres de confidentialité choisis.
Cinq fabricants et des prix canadiens élevés
La sélection canadienne officielle comprend un convertible Acer de 14 pouces, des modèles ASUS et HP de 14 pouces, un Dell XPS de 13 pouces et un Lenovo de 15,3 pouces. La mémoire commence à 16 Go et le stockage varie généralement de 256 à 512 Go. Les processeurs Intel Core Ultra Series 3 ou Snapdragon X Elite intègrent une unité neuronale dépassant 45 TOPS selon Google.
Google annonce des configurations d’entrée allant de 1 299 à 1 799 $ CA. Au moment de la vérification, Best Buy Canada affichait plutôt six configurations entre 1 399,99 et 1 899,99 $ CA. Le prix peut donc varier selon le processeur, le stockage, le détaillant, la promotion et la région.
Chaque appareil admissible comprend 12 mois de Google AI Pro avec 5 To de stockage infonuagique. L’abonnement passe ensuite à 26,99 $ CA par mois, sauf annulation. Google promet par ailleurs jusqu’à dix ans de mises à jour, mais l’autonomie annoncée — de 13 à 19 heures selon le modèle — provient de tests contrôlés et devra être confirmée indépendamment.
Le grand obstacle demeure les applications
Googlebook peut exécuter les applications Android, les applications Web et des outils Linux. Cela ne signifie pas qu’il remplace automatiquement un PC Windows ou un Mac.
Les logiciels Windows classiques ne fonctionnent pas nativement. Les applications Microsoft 365 offertes sont les versions Android ou Web, qui peuvent différer des éditions complètes pour Windows et macOS. Les logiciels spécialisés de comptabilité, d’ingénierie, de gestion ou de création doivent donc être vérifiés avant l’achat.
Les premières prises en main ont aussi observé que certaines applications Android restent conçues pour un écran vertical de téléphone. Elles fonctionnent dans une fenêtre étroite, mais peuvent afficher beaucoup d’espace vide ou une interface déformée en plein écran. Android Central juge néanmoins les premiers modèles prometteurs et souligne la qualité des écrans, claviers et pavés tactiles.
Limites ou points à considérer
La disponibilité en magasin commence officiellement aujourd’hui, mais les stocks locaux et les délais de livraison doivent être vérifiés. Certaines pages canadiennes affichaient encore des précommandes pendant la vérification.
Les organisations devraient surtout attendre. Google confirme que les Googlebook de 2026 ne prennent pas encore en charge l’inscription au domaine ni la gestion centralisée complète. Les premiers outils destinés aux entreprises et aux écoles ne commenceront à arriver que dans la seconde moitié de 2027.
Enfin, l’intégration de Gemini à ce qui apparaît à l’écran et aux services Google rend les réglages de confidentialité particulièrement importants. Les utilisateurs devraient examiner l’historique Gemini, les applications connectées et les règles de conservation avant de lui confier des documents sensibles.
Conclusion
Googlebook ne constitue pas un Chromebook simplement plus cher. Il représente la première tentative sérieuse de transformer Android en plateforme de portable haut de gamme, avec une continuité téléphone-ordinateur que Google n’avait jamais offerte aussi directement.
Le matériel semble convaincant et certaines fonctions de Gemini sont originales. En revanche, les prix canadiens les placent directement face aux MacBook et aux portables Windows, alors que l’écosystème d’applications et la gestion professionnelle restent incomplets. La première génération conviendra surtout aux utilisateurs Android travaillant déjà dans le navigateur et les services Google — à condition de vérifier chaque logiciel essentiel avant l’achat.